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Interview de Christopher Evrard

Hello,
Aujourd’hui, je vous propose de découvrir mon échange avec Christopher Evrard, l’auteur de la saga Les royaumes démoniaques !
D’ailleurs, je vous avais parlé du premier tome de la saga juste ici.

Bonjour Christopher ! Merci pour ton temps. 🙂
Tout d’abord, est-ce que tu pourrais te présenter en quelques mots ? 

Je m’appelle Christopher Evrard, je suis un jeune auteur belge de 32 ans déjà (le temps ça fait mal ^^). J’écris une saga de dark fantasy, mais à force je me demande si ça peut s’appeler une saga, c’est une fresque épique !

Je suis passionné de monde imaginaires, de philosophie, et j’aime énormément toute sortes de jeux (plateau, cartes, figurines, vidéos, etc).

Comment as-tu commencé à écrire ?

ça m’est venu par hasard un jour, alors que je devais avoir 8 ou 9 ans, j’ai eu envie d’écrire au lieu d’écouter ce que disait le prof. C’était une histoire assez classique inspirée d’Indiana Jones et consort. Imaginez des pièges à serpent, des temples mayas, etc.
Le temps passant, j’ai continué à avoir envie d’écrire, j’ai eu ma période de poésie gothique, mais aussi celle des histoires inspirées d’univers de jeux que j’adorais, comme Warhammer par exemple. Avec le temps, et à force de bouffer toute sorte d’œuvres geek, j’ai pu affuter mon sens de la dramaturgie, et aujourd’hui me voilà en train de sortir le 3e tome de ma série de romans “Les Royaumes Démoniaques”.

Depuis quand ? 

Ma première séance d’écriture était vers 8 ou 9 ans comme dit plus haut (je suis né en 88), mais pour ma saga la première fois que j’ai écris celle-ci c’était début 2012.

Pour mon “amour” de l’écriture, j’ai réellement pris le goût d’écrire et du plaisir à le faire vers mes 14 ans. C’était quelque chose d’extrêmement libérateur et passionnant. J’adorais le fait de pouvoir s’exprimer librement.

Quel est ton “process” d’écriture ? Tes habitudes ? Ta routine ?

De quoi fumer, et de la musique. Là par exemple pour répondre à tes questions je suis en train d’écouter “The Doors”.

Je ne peux écrire sans ces éléments. Je suis devant mon pc, j’écoute de la musique, je sens la fumée emplir ma bouche et mes poumons… c’est quelque chose d’unique, de sensuel presque, et je me laisse guider par mes idées et mon esprit. J’ai pratiquement toujours écrit comme ça (quand j’étais en âge de fumer bien entendu).

Le reste, c’est juste du travail, du retravail, et une habitude à prendre d’écrire fréquement et parfois devoir rebosser le même texte plusieurs fois. En général j’apprécie écrire le matin, et l’après midi, la digestion ne semble pas être compatible avec l’écriture donc je laisse du temps à mon estomac d’encaisser le choc pour que le cerveau puisse carburer.

Peux-tu nous parler de tes romans ?

Argh, la fameuse !

C’est pratiquement impossible de parler de mes livres, en tout cas d’expliquer ce que ça raconte, de quoi ça parle, quelle est la trame narrative, etc. Sinon je suis obligé de spoiler !

Du coup, ce que je peux dire par contre, c’est que c’est une saga de dark fantasy mature, pour un public un peu plus âgé (en général je dis minimum 14 ans). Que ce soit parce qu’il y a quelques scènes un peu dures, ou par le côté réflexif des thématiques. Par exemple on aborde de nombreuses choses, comme la définition de la paix, de l’amour, de la haine, du courage, de la loyauté, de la persévérance, et j’en passe. Il y a beaucoup de dilemmes moraux, ainsi que quelques questions existentielles qu’un public plus jeune ne pourra comprendre ni saisir.

Ce sont des romans illustrés, dans chaque ouvrage il y a une petite vingtaine de dessins dépeignant des scènes du livre, et permettant de mieux s’immerger dans l’univers. Comme une carte, des symboles, etc.

Qu’est-ce qui a inspiré cette saga ? 

Moi ! – rires –

Je ne m’inspire pas vraiment des autres œuvres, sauf quand il s’agit de s’imprégner d’une ambiance et atmosphère, car c’est aussi difficile à réaliser que capital pour bien plonger dans une œuvre.

Cet univers (Les Royaumes Démoniaques) est le fruit d’un ensemble d’idées qui me viennent naturellement, mélangé à une bonne dose de vécu personnel. Des choses que j’ai vu, que j’ai traversé, que j’ai pu connaitre, etc.

C’est un univers totalement inventé par moi-même de A à Z.

Cela dit, quand je dois présenter mon univers, je dis souvent que c’est comme si The Witcher, rencontrait le manga Berserk. Au final on est dans le même genre que ces oeuvres-là, assez matures et adultes.

Tu as lancé une campagne Ulule récemment, pourquoi ce choix pour le troisième tome ? 

Parce que le covid, principalement.

Je finançais tout de ma poche, mais cette année avec l’annulation des salons, j’ai un gros manque à gagner comparé à l’année précédente. Le livre étant plus épais que les deux précédents en plus, il était dur de tout payer seul. Qui plus est, un financement participatif permet d’offrir plein de choses pour l’occasion, comme des petits goodies.

Ce Ulule permet simplement de payer tous les gens qui ont bossés sur le livre, à savoir le dessinateur, la maquettiste, la correctrice, et accessoirement, moi (même si au final il n’y aura pas grand chose qui ira dans ma poche). Un livre, ça coûte, ça ne sort pas de nulle part, il y a nécessairement un financement derrière. Que ce soit rien que l’impression du livre déjà, mais aussi la correction, la création de la couverture, etc. Et moi qui me suis lancé dans un gros truc avec plein de dessins dans le livre, bah ça coûte encore plus.

Quel est ton retour d’expérience pour le moment sur ce procédé ?

J’ai été très surpris du soutien relativement immédiat des gens. En un peu plus de 10 jours on est pas loin de 1000€ (sur 2500 d’objectif). J’ai été très surpris par leur partage, leur participation, j’ai reçu plein de messages d’encouragement. Après, mon stress ne disparait pas pour autant, car croyez moi, un financement participatif ça fait souffrir vos nerfs.

Il faut tout préparer, tout calculer, tout estimer, tout anticiper, et il faut constamment spammer partout pour qu’on ne vous oublie pas. C’est vraiment un travail épuisant de faire la promo d’un ulule quand on est pas une grosse boite ou qu’on a pas une grosse fanbase initiale. Moi je suis qu’un petit auteur, je dois tout faire. Et il faut encore une fois toujours relancer, toujours en faire la promo. C’est épuisant.

Quelles sont tes prochaines ambitions la concernant ?

Qu’elle réussisse, tout simplement. Bien sûr j’aimerais que ça explose le compteur et qu’on aille à des paliers supplémentaires, mais déjà atteindre l’objectif ce serait super.

Pourquoi avoir choisi d’écrire une trilogie ? 

Euh, ce n’est pas une trilogie ! (Lou : Oups, j’ai dit ça parce qu’il y en a que trois pour l’instant…)
C’est une saga qui me demandera entre 6 et 9 tomes (je ne suis pas encore sûr du chiffre exact), et une fois finie, je continuerai à écrire sur cet univers, sauf que je prendrai d’autres personnages, d’autres lieux, époques, etc.

J’ai choisi ça car c’est simplement comme cela que le tout s’est formé dans mon esprit.

Est-ce que c’était une évidence ou l’idée est venue après ?

Oui, tout est venu très rapidement, une idée en a amenée une autre, et ainsi de suite. J’ai eu en l’espace de quelques mois les grosses lignes de la saga, tous les petits “checkpoints”. Il suffit de relier le tout, mais même quand on est auteur on se surprend parfois et il y a quelques surprises. Depuis le début de l’écriture pratiquement, je connaissais déjà comment le tout allait se terminer à la fin de cette saga.

Combien de temps as-tu mis pour écrire cette saga ? 

J’ai pensé ces romans fin 2011 début 2012, et puis j’ai eu une très sale période avec pas mal de problèmes en tout genre. Financier, professionnel, affectifs, familiaux, et bien sûr ma santé (mentale). Je n’ai pas pu écrire correctement jusque fin 2015 quand j’ai eu mon logement (car j’ai été sans logement pour la 2e fois de ma vie), et là j’ai pu enfin m’y mettre. Mon diagnostic d’autisme asperger a permis d’accélérer le processus car j’ai pu avoir accès à une pension de personne handicapée. Du coup j’ai pu bosser sans le poids de problèmes financier au dessus de ma tête. Ca reste relatif, mais quand tu sais que tu vas pouvoir payer ton loyer et pas mourir de faim, ça fait du bien… 

Le bouquin a été écrit en quelques mois. Le temps de chercher des maisons, et que finalement toutes me disent merde, bah j’ai fais le choix de l’auto édition. Le premier tome est sorti fin 2018, et depuis, chaque décembre, un tome sort. Décembre 2020 le 3e sera disponible 🙂

Pourquoi avoir choisi la fantasy ?

J’ai toujours été passionné de mondes imaginaires, de fantasques, de magies, de surnaturels, etc. La fantasy s’est imposée assez vite car elle permet pleins de choses vraiment intéressantes, ce rapport avec la technologie, l’innovation, la magie, les créatures, etc. C’est vraiment un environnement riche pour une imagination débordante, propice à toutes sortes de création. Cela m’est venu d’instinct. Autant parce que artistiquement parlant cela était intéressant pour moi, mais aussi car j’aime plein de trucs basé dans un univers heroic fantasy.

Est-ce ton genre de prédilection ?

Pas nécessairement. Je crois que mon genre préféré est la science-fiction, mais oui j’aime beaucoup la fantasy aussi. J’aime toutes formes d’arts différents, pourvu que ce soit créatif, inspiré, et qu’il y ait une “âme” dans l’œuvre. J’aime énormément la musique par exemple, j’avoue que la plupart du temps j’écoute pas trop ce qui est “à la mode”, mais ça me plait. Je cherche des œuvres riches, belles, je veux trouver des créations réelles, pas juste des gens qui s’amusent à faire un truc sans qu’on ne ressente rien dans ces œuvres.

Mais bon, l’art, c’est subjectif, c’est une question de perception, de ressenti… chacun y trouvera midi à sa porte.

Penses-tu tester d’autres genres ? 

Non. J’écrirais sur “Les Royaumes Démoniaques” toute ma vie, jusqu’à mon dernier souffle. Les deux seules exceptions seront, peut-être, un récit auto-biographique, et un livre sur l’autisme un jour.

Cette saga sera (et est déjà en fait) l’œuvre de ma vie. Il en a toujours été ainsi et je ne compte pas vraiment changer. Je ne veux pas m’éparpiller et écrire 36 trucs différents. Je veux une continuité, je veux écrire un long récit, vivant, épique, dans lequel il se passe plein de choses.

Quel est le roman que tu aurais rêvé d’écrire ? 

Le mien ? – rires –

J’ai trop de respect pour les œuvres que j’aime pour tenter de me les approprier, ou dire “j’aurais aimé écrire ci ou ça”. Les œuvres des autres sont les leurs, les miennes sont les miennes. Que cela reste ainsi.

J’ai cependant énormément, que dis-je, ENORMEMENT d’admiration pour Kentaro Miura, l’auteur du manga Berserk. C’est un chef d’œuvre parmi les chefs d’œuvres.

Quels sont tes prochains projets ? 

Continuer ma saga. Commencer à écrire le tome 4. Préparer un autre ulule si on atteint le palier pour l’artbook bestiaire. Et c’est déjà bien. Ah si, que les salons re-ouvrent, et que je puisse enfin aller au geeks faeries et au salon du fantastique de paris. Je devais y être en 2019 mais bon, covid, tout ça, donc j’y serais en 2020, en espérant que ce foutu virus veuille bien aller faire un tour sur une autre planète.

Un dernier mot ? 

Faites de votre mieux, car de toute façon, c’est tout ce que vous pouvez faire.

Merci à Christopher ! N’hésitez pas le soutenir en participant à sa campagne ulule.

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